Pourquoi un Programme Régional de Santé

( PRS) VIH/SIDA en Guyane?

 

Préconisée dans le plan national de lutte contre le VIH /SIDA en 2001,  la nécessité d'un tel programme a été réaffirmée en 2002 lors de la Conférence Régionale de Santé .

C'est bien sûr la situation épidémiologique de l'infection à VIH dans le département qui a motivé la mise en œuvre de ce plan.

La Guyane est en effet le premier département français touché par l'épidémie.*

 

12 groupes de travail, réunis régulièrement durant l'année 2002 sous l'égide de la DSDS ( Direction de la Santé et du Développement Social ) ont permis de définir les grands axes stratégiques d'un programme pour 2003-2005.

Si l'objectif général est bien entendu de réduire l'incidence de l'infection à VIH en Guyane, les objectifs spécifiques  fixés par le PRS sont de :

 

Ø      Mettre à disposition de la population vulnérable un meilleur accès à la connaissance et aux moyens de prévention

 

Ø      Permettre un meilleur accès au dépistage et aux soins

 

Ø      Améliorer la prise en charge des malades et de leur famille, et la tolérance envers les personnes touchées par le VIH

 

Le soutien financier du Ministère de la santé permet la mise en œuvre des principales actions.

 

Quelles sont les principales  actions réalisées ou en cours en mars 2004 ?

 

Afin de répondre aux objectifs définis dans le PRS, tant dans le domaine de la prévention, du  dépistage et  de la prise en charge que du soutien aux malades et de la tolérance, différentes actions ont été mises en œuvre dès 2003 :

 

Ø      Mise en place d'une centrale d'achat pour un accès au préservatif à moindre coût et multiplication des lieux de distribution (distributeurs, points de vente…) à partir du constat que  le préservatif n’est pas assez accessible en Guyane, tant géographiquement que financièrement. (projet DSDS/CODES Comité Départemental d'Education pour la Santé)

 

Ø      Formation à l'éducation à la sexualité pour les professionnels intervenant auprès des jeunes et constitution d'un "groupe ressource" en ce domaine

      ( projet DSDS/ Education Nationale)

 

Ø      Diffusion d'outils de communication ciblés et préparation d'une campagne de communication dans les médias à partir de juin 2004 (Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé en lien avec l'association Sida Info Service ( SIS) et le groupe de communication du PRS : prévention, dépistage, tolérance.

 

Ø      Actions de formation auprès des professionnels de santé

 

Ø      Organisation de forums de discussion dans les quartiers pour une meilleure information auprès du public des plus de 25 ans.( association entr'AIDES)

 

Ø      Action dans le milieu de la prostitution :prévention et accompagnement vers les soins (association entr'AIDES)

 

Ø      Redéfinition des missions et de l'organisation de l'EMIPS

  ( Equipe Mobile d'Information et de Prévention SIDA), rattachée au Centre Hospitalier de St Laurent du Maroni, pour une réelle mise en  place de relais communautaires dans l'Ouest Guyanais.

 

Ø      Organisation par le Centre Hospitalier de Cayenne de consultations avancées spécialisées au niveau des centres de santé de communes, en particulier dans le domaine du VIH

 

Ø      Mise à disposition d'un médiateur de santé publique pour le service de pédiatrie du Centre Hospitalier de Cayenne pour le suivi des enfants touchés.

 

Ø      Mise en oeuvre d'enquêtes pour une meilleure connaissance des comportements et pratiques en matière de prévention et dépistage ( Agence Nationale de Recherche contre le SIDA, Sida Info Service, Observatoire Régional de Santé de Guyane)

 

 

 

 

En conclusion : la mise en œuvre  des actions définies dans le PRS progresse.

Néanmoins, en référence à la conclusion du rapport du Conseil National du Sida en mars 2003, seul « un plan général sanitaire et social» permettra à la lutte contre l ’épidémie de VIH/SIDA de s ’inscrire  au sein d’un ensemble plus vaste de préoccupations. Et la progression en ce domaine constituera toujours, en raison de sa spécificité, l’un des principaux « indicateurs avancés » de l ’amélioration générale de la santé en Guyane" .

Nous ajouterons que seule une modification des mentalités permettant aux personnes atteintes d'oser enfin parler de leur maladie et de devenir eux-mêmes acteurs de prévention permettra sans doute une réelle avancée dans le contrôle de l'épidémie.

 

 

 

 

Dominique HUGUET

Médecin Inspecteur Direction de la Santé et du Développement

 

dominique.huguet@sante.gouv.fr